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15.05.2006

The Independent : il ne faut surtout pas prendre Ségolène Royal à la légère

The Independent a consacré trois pages, lundi 15 mai, à la saga médiatico-politique de Ségolène Royal.

Selon John Lichfield, le correspondant en France du quotidien londonien, "Ségolène Royal s'en tient à sa stratégie : garder ses distances avec les autres candidats mêlés à la candidature socialiste".

Pour tenter de mieux cerner le personnage, John Lichfield a suivi la "candidate putative" sur ses terres, en Poitou-Charentes.

"Mme Royal a servi un intéressant discours à une centaine de ses administrés, ainsi qu'à un petit groupe de journalistes français et étrangers. Il s'agissait essentiellement d'un discours sur la splendeur du Marais poitevin, mais elle a su, assez intelligemment, glisser à la fin quelques mots sur l'avenir de la France et sur la personne qui sera amenée à diriger le pays. Selon Ségolène, [ce futur leader devra] être attaché à la lente sédimentation de l'histoire de France (sous-entendu : n'écoutez pas tous ces commentateurs étrangers, ainsi que Sarkozy, qui veulent que la France ressemble un peu à la Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Non, non, non ! Il est possible de réformer la France et de rester français).

John Lichfield a remarqué que, pour sa précampagne, Ségolène Royal a décidé de tout miser sur Internet. "Les sujets qu'elle aborde sur son site sont ceux qui lui sont chers : les enfants, l'éducation, la santé, l'environnement."

Aussi, "la plus grande force de Ségolène réside-t-elle dans sa plus grande faiblesse : le fait d'être une femme. Elle est différente des autres parce qu'elle n'est pas un homme et qu'elle ne menace pas de tout changer. Quelque chose de différent qui, sur le fond, ne changera rien. Un positionnement qui colle parfaitement au sentiment d'exaspération – un rien retors – de l'électorat français."

"Les ennemis de Ségolène Royal au sein de son propre parti disent en persiflant qu'elle n'a pas d'idées concrètes à proposer. C'est en partie vrai, mais c'est aussi vrai pour les autres candidats et même pour Nicolas Sarkozy. Le 'royalisme' ou le 'ségolénisme' - comme en son temps le blairisme ou le clintonisme – est moins un programme qu'un style politique du genre : je comprends vos peines. Et c'est pour cette raison qu'il ne faut surtout pas prendre Ségolène Royal à la légère."